La disparition de Sophie Chéênne à Laval, survenue le 2 mai 1996, est une affaire non élucidée qui, trente ans plus tard, connaît un tournant majeur. Le dossier de cette jeune Lavalloise, qui allait fêter ses 21 ans, a été confié au pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE) de Nanterre, ravivant l'espoir de ses proches.

Sophie Chéênne s'est volatilisée quai Albert-Goupil, à Laval, après une dispute avec son petit ami. Depuis trois décennies, ses parents et son frère attendent des réponses sur ce qui est arrivé. Cette affaire judiciaire, parmi les nombreuses en France, représente un fardeau lourd pour la famille, qui voit désormais dans le pôle cold case une chance d'obtenir enfin la vérité.

Le pôle "cold case" de Nanterre, créé le 1er mars 2022, est l'initiative de Jacques Dallest, magistrat honoraire et consultant judiciaire, alors procureur général de Grenoble. Composé de magistrats spécialisés, ce service se penche sur des affaires complexes et anciennes comme celle de Sophie Chéênne. Jacques Dallest souligne l'importance de cette structure, même si la résolution d'un dossier vieux de 30 ans reste un défi.

L'une des principales raisons d'espérer réside dans les avancées scientifiques. L'équipe de magistrats réexamine les preuves et réentend les témoins, mais surtout, elle peut s'appuyer sur des techniques d'investigation modernes. Jacques Dallest insiste sur le fait que "grâce aux progrès de la biologie génétique, on peut aujourd'hui identifier un ADN qu'on n'aurait pas pu identifier il y a dix ou trente ans", offrant de nouvelles perspectives à l'enquête.

L'ombre du couple de tueurs en série Michel Fourniret et Monique Olivier a plané sur cette affaire. En 2005, le nom de Sophie Chéênne était apparu sur une liste de victimes potentielles. Michel Fourniret et Monique Olivier sont connus pour avoir enlevé et tué Natacha Danais, 13 ans, le 21 novembre 1990. Cette piste, comme d'autres, sera sans doute réévaluée avec les outils actuels.

Ce transfert au pôle cold case de Nanterre marque une nouvelle étape cruciale. Les magistrats vont relire l'intégralité du dossier, réexaminer chaque élément et utiliser toutes les ressources disponibles pour tenter de percer le mystère de la disparition de Sophie Chéênne à Laval. C'est un tournant potentiel dans une quête de justice qui dure depuis 30 ans.